Dyslexie « Aides pédagogiques par l’informatique

Dyslexie

La dyslexie

Trouble (dys) de la lecture (lexie)

Emission 36°9 sur  www.rts.ch: beau témoignage filmé en Suisse-romande avec exemples de  l’utilisation d’outils API!

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Définition

La dyslexie est un trouble spécifique de l’automatisation et de l’acquisition du langage écrit. L’enfant a des difficultés à déchiffrer et reconnaître les mots et, par conséquent, à comprendre ce qu’il lit. Lire implique de savoir associer un signe écrit (graphème) à un son (phonème), et d’automatiser cette association. C’est cette association que l’enfant dyslexique peine à automatiser.

Diverses formes de dyslexie sont répertoriées;

  • La dyslexie de surface est caractérisée par des difficultés à mémoriser la prononciation de mots irréguliers.
  • La dyslexie phonologique regroupe les difficultés à lire des mots nouveaux.
  • La dyslexie mixte, la plus fréquente, cumule les deux types de difficultés. La dyslexie est très souvent accompagnée d’une dysorthographie, dans laquelle des problèmes d’orthographe, de grammaire et de calligraphie sont observés.

Ces déficits sont toutefois limités au domaine du langage écrit, l’enfant présentant une intelligence tout à fait normale. Des progrès sont constatés mais le trouble persistera tout au long de la vie, la dyslexie découlant d’un dysfonctionnement au niveau neurologique.

Même si ce trouble touche particulièrement la sphère cognitive, on observe généralement des difficultés psycho-affectives chez ces enfants, avec notamment une estime de soi relativement pauvre.

Illustration de la dyslexie

 Ce texte illustre les difficultés que peut rencontrer un enfant dyslexique. A vous de jouer !

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Exemple tiré de « Enseigner aux élèves avec troubles d’apprentissage », édité par l’AGERS (Ministère de l’enseignement – Fédération Wallonie-Bruxelles), 2012.

« C’est pas sorcier » : excellente introduction sur la dyslexie suivie de la dyspraxie

 

Manifestations scolaires

Les enfants dyslexiques :

  • Déchiffrent péniblement les lettres et les mots :
  • font des confusions de lettres
  • font des confusions de sons
  • font des omissions de syllabes, des inversions (« pra » est lu « par »), additions ou substitutions de lettres
  • Ont des difficultés à identifier les mots (reconnaissance globale).
  • Ont une lecture anormalement lente, hésitante et saccadée.
  • Peinent à utiliser le contexte pour trouver le sens des mots et à faire des inférences.
  • Sont en difficulté pour se rappeler ce qui est lu (lié à un déficit de mémoire de travail verbale)
  • Ont des difficultés à copier des informations, surtout celles au tableau.
  • Ecrivent les mots de manière inconstante (un son peut prendre différentes formes dans une même phrase).
  • Se plaignent souvent de maux de tête, maux de cœur ou de 
ventre lorsqu’ils lisent.

On remarque plus largement…

  • Une lenteur de travail.
  • Une fatigabilité importante (l’attention est entièrement dédiée à la compréhension et à l’expression orale).
  • Des difficultés à suivre un cours magistral.
  • Des difficultés à soutenir l’attention dans les activités où il y a peu de soutien visuel.
  • Une faible motricité fine et globale.
  • De la frustration face aux exigences scolaires.
  • Parfois des troubles de l’orientation dans le temps et dans l’espace.
  • Des difficultés à s’organiser dans les travaux, dans l’agenda.
  • Des difficultés à formuler ses pensées (l’élève s’exprime avec des phrases télescopiques, ne termine pas ses phrases, bégaie lorsqu’il est sous pression, a du mal à prononcer les mots complexes, mélange les phrases, les mots et les syllabes).

Adaptations pédagogiques générales

  • Expliquer à la classe pourquoi l’élève a droit à des aménagements, et couper court à toute stigmatisation.
  • Valoriser les efforts et non les résultats (mettre en place un outil permettant de mettre en évidence les progrès et les efforts de l’enfant).
  • Établir une routine souple pour les devoirs.
  • Soigner la collaboration avec les parents en établissant des contacts réguliers (en utilisant un carnet de bord par exemple).
  • Considérer l’élève dyslexique comme un élève ayant certes un handicap, mais aussi des points forts sur lesquels étayer sa pédagogie.
  • Encourager l’enfant à expliciter ses besoins particuliers, à poser des questions quand il y a une incompréhension.

Adaptations pratiques en classe 

Dyspraxie 2Dyspraxie 3

  1. Pour les consignes :
  • Etablir des objectifs avant le début de l’activité.
  • Eviter de faire recopier les consignes au tableau.
  • Lire, clarifier et préciser les consignes.
  • Orienter l’attention des élèves sur certaines informations.
  • Utiliser des indices de couleurs ou surligneurs.
  • Illustrer les consignes par des exemples.
  • Espacer les points ou questions (l’agrandissement de feuilles d’exercices est un moyen simple d’aider certains élèves).
  • Faire un glossaire des termes fréquemment utilisés dans les consignes (analyser, calculer, commenter, comparer, énumérer…).
  • Demander à l’élève de reformuler dans ses propres mots ce qu’il a compris du travail à faire.

Pour les exercices :

  • Diminuer le nombre de problèmes dans un exercice.
  • Fournir des indices afin de mettre en évidence certains éléments des consignes, des formulations de problèmes ou des questions.
  • Diviser l’exercice en sections.
  • Raccourcir l’exercice : donner plusieurs exercices courts à la place d’un seul plus long.
  • Enlever les éléments visuels qui peuvent être distrayants.
  • Permettre à l’élève de démontrer aussi sa compétence par le dessin, l’illustration ou tout autre moyen permettant de diminuer la quantité de texte à écrire.
  • Permettre de répondre oralement aux questions.
  • Donner le texte à l’avance pour lui permettre de se préparer.

Pour les activités de lecture :

  • Définir la police qui convient le mieux à l’élève.
  • Définir la couleur de papier qui convient le mieux à l’élève (beige, bleu clair).
  • Proposer un texte aéré, avec une police agrandie (+14).
  • Utiliser une règle ou un carton avec une fenêtre pour ne voir qu’un seul mot ou qu’une seule ligne à la fois.
  • Cacher une partie du texte avec une feuille blanche pliée.
  • Surligner les informations importantes des questions ou du texte.
  • Ecrire en gros caractères.
  • Permettre à l’élève de lire avec le doigt, si nécessaire.
  • Découper le texte en parties, demander à l’élève de le remettre en ordre.
  • Demander à l’élève de résumer des paragraphes, plutôt que le texte complet.
  • Poser des questions pour aider à structurer sa compréhension du texte : ou, quand, comment, qui, quoi?
  • Proposer des situations signifiantes de lecture, ayant des retombées fonctionnelles (lire l’horaire de la télévision, la description de films au cinéma, les paroles de chansons, le menu des restaurants).

Police de caractère qui permet d’éprouver ce que ressent un élève dyslexique lorsqu’il lit : dyslexie exemples 

Autre exemple: http://vivredemain.fr/dyslexie/

Pour les activités d’écriture :

  • Fournir une banque de mots en lien avec le projet.
  • Lui permettre d’écrire en script, ou via un traitement de texte.
  • Lui donner accès à divers outils de vérification.
  • Proposer des situations signifiantes d’écriture, qui décrivent des réalités (écrire des lettres, cartes ou messages à des amis, écrire des listes d’articles nécessaires pour un projet, composer une chanson).

Et plus largement:

  • Donner aux élèves dys- plus de temps pour réaliser un exercice.
  • Les faire travailler avec un pair qui ne fera pas le travail à leur place.
  • Corriger ses productions avec les mêmes grilles que les autres, sans compter les fautes orthographiques et grammaticales de la même façon.
  • Lors des corrections, éviter impérativement l’encre rouge, qui risque d’avoir un effet décourageant.
  • En période d’évaluation, lui permettre de travailler dans un espace calme, lui lire les questions pour s’assurer de sa compréhension, lui donner plus de temps.
  • Se rappeler que ce sont ses compétences qui sont évaluées, et pas seulement ses habiletés à lire ou à écrire.
  • Demander à l’élève de lire à haute voix seulement si celui-ci se porte volontaire.
  • Écouter l’élève, le questionner, l’encourager et le guider.
  • Ne pas hésiter à chercher de nouvelles pistes en sollicitant les intervenants pédago-thérapeutiques de l’enfant (orthophonistes, ergothérapeutes, psychologues). Ils peuvent aussi, avec l’accord des parents, offrir des ressources spécifiques pour une pédagogie adaptée en classe et à la maison.

 

 

Vu sur Vivredemain.fr 

Liens et bibliographie

Girard, J., René de Cottret, J. & collaborateurs (2003). Différencier nos pratiques pédagogiques. Aider les élèves à risque et intégrés à participer activement pour vivre des succès quotidiens. Commission scolaire Riverside 2003.

Enseigner aux élèves avec troubles d’apprentissage, édité par l’AGERS (Ministère de l’enseignement – Fédération Wallonie-Bruxelles), 2012.

Guide d’accompagnement pour les élèves ayant des besoins particuliers. Commission scolaire des Laurentides, 2011.

Kruck, J. & Bouvet, L. (2015). Troubles neuro-développementaux. Tableaux cliniques, évaluation et orientation. Editions In Press, Paris.

Reid, G. & Green, S. (2012). 100 idées pour venir en aide aux élèves dyslexiques. Alta Communication, Paris.

Pour aller plus loin… 

Digest API theorie Dyslexie V2

Mazeau, M. & Pouhet, A. (2014). Neuropsychologie et troubles des apprentissages chez l’enfant.
Du développement typique aux dys-. Masson, Paris.

Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie (INSERM)

Mon enfant est dyslexique, comment l’accompagner ?