Dyspraxie-dysgraphie « Aides pédagogiques par l’informatique

Dyspraxie-dysgraphie

La dyspraxie

Trouble (dys) de la coordination des gestes (praxies)

 Définition

La dyspraxie est un trouble spécifique du développement qui touche le
contrôle, la coordination, la planification et l’élaboration d’un geste moteur. Ce trouble se caractérise par une réalisation laborieuse de séquences de gestes qui affecte l’autonomie de l’élève. On observe toutefois des manifestions qui diffèrent d’un élève à l’autre et divers niveaux de sévérité du trouble (allant d’une lenteur d’exécution à l’impossibilité d’accomplir certains gestes).Diverses formes de dyspraxies sont répertoriées:

  • La dyspraxie verbale/orale touche la production des sons, des mots et de certains gestes de la bouche (par exemple, souffler des bougies, tirer la langue).
  • La dyspraxie motrice et visuelle se répercute sur la qualité et l’efficacité des gestes du quotidien.

Par ailleurs, la dyspraxie n’est ni un trouble d’origine musculaire, ni un trouble d’ordre intellectuel. Au contraire, les élèves dyspraxiques ont généralement de très bonnes capacités de compréhension et de raisonnement tant sur le plan verbal que non verbal. Ce trouble perdure cependant à l’adolescence et à l’âge adulte.

D’un point de vue psycho-affectif, on observe généralement une perte de l’estime de soi et du sentiment d’efficacité personnelle, parfois accompagnée de difficultés de gestion émotionnelle.

Dyspraxie

Source image: doxacours

Manifestations scolaires

Les enfants avec dyspraxie motrice et visuelle :

  • font preuve d’une grande maladresse dans les activités de la vie scolaire.
  • peinent lors des activités d’écriture (crispation des doigts, lettres de grosseur inégale, tracé difficile pour certaines lettres, calligraphie parfois illisible).
  • manquent de précision motrice (activités manuelles, dessin rudimentaire, géométrie grossière).
  • rendent des travaux écrits d’aspect brouillon, froissé.
  • manipulent difficilement les instruments de mesure et les outils.
  • rencontrent des problèmes visuo-spatiaux qui affectent l’organisation dans l’espace.
  • peinent à aligner les chiffres en colonnes lors des opérations.
  • ont des difficultés avec la géométrie, les graphiques et les tableaux.
  • ont des difficultés à se repérer dans un texte, sur les affiches.
  • ont des difficultés à illustrer et à résoudre des problèmes.
  • peinent à automatiser les activités.
  • présentent en classe une hypotonie (posture avachie) ou une hypertonie (raideur).
  • ont un défaut d’équilibre statique et dynamique.

Les enfants avec dyspraxie verbale :

  • articulent les mots de manière laborieuse.
  • peinent à contrôler le débit et l’intensité de la parole.

(Attention à ne pas confondre ce trouble avec une dysphasie. C’est bien la planification des gestes bucco-faciaux qui sont problématique et non le langage expressif lui-même).

On remarque plus largement…

  • une importante lenteur d’exécution des gestes quotidiens.
  • une fatigabilité importante.
  • une concentration limitée.
  • des difficultés à s’organiser dans les travaux, dans l’agenda.
  • des difficultés à organiser séquentiellement les idées, les phrases.
  • des difficultés d’adaptation aux changements.
  • de la frustration face aux exigences 
scolaires. De plus, la dyspraxie impose à l’enfant un stress élevé de manière quasi continue.
  • des troubles de l’orientation dans le temps et dans l’espace (ont du mal à lire l’heure, à gérer le temps, à intégrer l’information ou les tâches séquentielles, à être à l’heure).

Adaptations pédagogiques générales

  • expliquer à la classe pourquoi l’élève a droit à des aménagements, et couper court à toute stigmatisation.
  • valoriser les efforts et non les résultats (mettre en place un outil permettant de mettre en évidence les progrès et les efforts de l’enfant).
  • établir une routine souple pour les devoirs.
  • maintenir une classe organisée avec des horaires prévisibles.
  • demander à la classe d’aider à planifier la journée ou la leçon afin que les attentes soient claires et que l’élève acquière des habiletés d’organisation et de prévision.
  • encourager l’enfant à expliciter ses besoins particuliers.
  • soigner la collaboration avec les parents :
    • en établissant des contacts réguliers (en utilisant un carnet de bord par exemple).
    • en valorisant les efforts observés en classe et non les résultats.

 Adaptations pratiques en classe 

  1. Pour les consignes :
  • inciter les élèves à survoler le matériel avant le début de l’intervention.
  • établir des objectifs avant le début de l’activité.
  • aider l’élève à réfléchir aux étapes d’une tâche (par exemple, lui poser les questions suivantes : 
Combien as-tu de temps pour accomplir ce travail ? De quel matériel auras-tu besoin ? À qui 
peux-tu demander de l’aide ?).
  • montrer à l’élève comment organiser son matériel et ses tâches.
  • recourir à des listes pour établir les priorités de travail.
  • espacer les points ou questions pour agrandir l’espace de réponse (l’agrandissement de feuilles d’exercices est un moyen simple d’aider certains élèves).

Pour les exercices :

  • structurer l’espace en plaçant des repères visuels.
  • raccourcir l’exercice : donner plusieurs exercices courts à la place d’un seul plus long.
  • séparer les problèmes en étapes simples.
  • favoriser l’expérimentation concrète et la manipulation.
  • permettre de répondre oralement aux questions.
  • permettre l’utilisation de la calculatrice (si possible)

Pour les activités de lecture :

  • définir la police qui convient le mieux à l’élève.
  • utiliser toujours la même police.
  • proposer un texte aéré, avec une police agrandie (+14).
  • placer des repères colorés sous la ligne à lire.
  • utiliser une règle ou un carton avec une fenêtre pour ne voir qu’un seul mot ou qu’une seule ligne à la fois.
  • permettre à l’élève de lire avec le doigt, si nécessaire.

Pour les activités d’écriture :

  • utiliser du matériel adapté (crayons de plus gros diamètre ou de forme triangulaire, feuille avec trottoirs élargis, plan incliné sous la feuille).
  • limiter la prise de note et la copie (pas de copie de consignes écrites au tableau).
  • permettre à l’enfant d’écrire en script, ou via un traitement de texte, ou le cas échéant, tolérer une écriture imparfaite ou en gros caractères.
  • favoriser les réponses données oralement

Et plus largement:

  • donner aux élèves dys- plus de temps pour réaliser un exercice.
  • lors des corrections, éviter impérativement l’encre rouge, qui risque d’avoir un effet décourageant.
  • demander à l’élève de déterminer quels aménagements lui conviennent le mieux.
  • écouter l’élève, le questionner, l’encourager et le guider.
  • ne pas hésiter à chercher de nouvelles pistes en sollicitant les intervenants pédago-thérapeutiques de l’enfant (orthophonistes, ergothérapeutes, psychologues). Les équipes éducatives et les spécialistes, avec l’accord des parents, peuvent imaginer des aménagements adaptés à mettre en place, en classe et à la maison.

Liens et bibliographie

Girard, J., René de Cottret, J. & collaborateurs (2003). Différencier nos pratiques pédagogiques. Aider les élèves à risque et intégrés à participer activement pour vivre des succès quotidiens. Commission scolaire Riverside 2003.

Enseigner aux élèves avec troubles d’apprentissage, édité par l’AGERS (Ministère de l’enseignement – Fédération Wallonie-Bruxelles), 2012.

Guide d’accompagnement pour les élèves ayant des besoins particuliers. Commission scolaire des Laurentides, 2011.

Kruck, J. & Bouvet, L. (2015). Troubles neuro-développementaux. Tableaux cliniques, évaluation et orientation. Editions In Press, Paris.

 

Pour aller plus loin…

« Dyspra’quoi ? Association pour les enfants dyspraxiques »

Mazeau, M. & Pouhet, A. (2014). Neuropsychologie et troubles des apprentissages chez l’enfant.
Du développement typique aux dys-. Masson, Paris.

Dyspraxie par « C’est pas sorcier » => Avancer la vidéo à 14’20:

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La dysgraphie

Trouble (dys) de l’écriture

Définition

La dysgraphie est un trouble de l’écriture qui se traduit par des lettres mal formées et des espaces non respectés. Les enfants dysgraphiques peinent à organiser et à coordonner leur écriture. Si des progrès sont constatés, le trouble persiste toutefois dans le temps.

Illustration de la dysgraphie

 

dysgraphie

 

Manifestations scolaires

L’enfant dysgraphique :

  • a une tenue de crayon et une manière d’écrire particulière (hypotension ou hypertension, crispation, impulsivité ou grande lenteur).
  • a des difficultés dans le tracé des lettres, qui sont mal formées (courbes approximatives et lignes pas droites) et de taille inégale.
  • produit des espaces entre les mots qui ne sont pas respectés.
  • se perd dans l’espace.
  • manque de motivation pour écrire des textes, des rédactions, et pour les corriger.

On remarque aussi:

  • une importante lenteur exécutive.
  • des difficultés à organiser ses idées.
  • une fatigabilité importante : écrire est fatigant voire douloureux.
  • que réaliser une tâche supplémentaire est impossible car l’écriture demande à elle seule trop d’efforts.
  • que l’élève peut mettre en place des stratégies d’évitement des tâches écrites.

Adaptations pédagogiques générales

  •  Expliquer à la classe pourquoi l’élève a droit à des aménagements, et couper court à toute stigmatisation
  • Se montrer patient face à au graphisme et au côté brouillon de l’élève.
  • Valoriser les efforts et non les résultats (mettre en place un outil permettant de mettre en évidence les progrès et les efforts de l’enfant).
  • Établir une routine souple pour les devoirs.
  • Soigner la collaboration avec les parents :
  • En établissant des contacts réguliers (en utilisant un carnet de bord par exemple)
  • En valorisant les efforts observés en classe et non les résultats.

Adaptations pratiques en classe 

  • Réexpliquer à l’élève le trajet des lettres ou de ses enchaînements déficients.
  • Accepter l’écriture en script.
  • Accepter les ratures, qui sont des autocorrections.
  • Accepter l’utilisation d’un ordinateur
  • En situation d’évaluation, demander des réponses orales ou permettre à un tiers d’écrire les réponses.
  • Offrir un tiers temps supplémentaire lors des évaluations ou pour les exercices.
  • Offrir certains aménagements scolaires (cours photocopiés).

Liens et bibliographie

Poulet, I. (2013). Troubles spécifiques des apprentissages à l’école et au collège : Dysphasie, dyslexie, dysorthographie, dysgraphie, dyscalculie. Chronique sociale, Paris.

Pour aller plus loin…

Albaret, J.-M., Kaiser, M.-L., & Soppelsa, R. (2013). Troubles de l’écriture chez l’enfant : Des modèles à l’intervention. De Boeck, Solal, Paris.

 

Extrait sur l’ordinateur à l’école (minutes 17’43):